Elisabeth - 70e Anniversaire du Débarquement en Normandie

1944-2014 Sacrifices

MAGLAB, magazine laboratoire


Who controls the past controls the future. Who controls the present controls the past (George Orwell). Commémoration cette année du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie. 6 juin 2014. On a tous 70 ans...



Pendant le visionnage, vous pouvez également écouter :

White Cliffs Of Dover by Glenn Miller on Grooveshark

(cliquez sur le triangle de lecture du player)

There'll be bluebirds over
The white cliffs of Dover
Tomorrow, just you wait and see
There'll be love and laughter
And peace ever after
Tomorrow, when the world is free.


LE CADRE
Il ne s'agit pas ici de faire concurrence bien sûr au site officiel de la commémoration du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie  portail très bien fait et complet, notamment pour organiser votre venue, même si, en la matière, le site du CDT Calvados Tourisme peut être plus pertinent. 


Mais au-delà, l'actualité normande est encore à la division ou à l'unité, à des histoires de frontières et de capitales... 
Quand la Normandie s'éveillera, comme l'écrivait Pierre Assouline, à l'occasion de la commémoration du onzième centenaire de la Normandie : "Ce que l’on s’apprête à commémorer en 2011, c’est le traité conclu à Saint-Clair-sur-Epte (près d’Evreux), conclu entre Charles III dit le Simple et le chef Viking Rollon pour protéger le royaume tout en donnant naissance au futur duché de Normandie. On ne peut pas dire que la Haute-Normandie et la Basse-Normandie soient très enthousiastes ; il en est même parmi les élus des deux conseils régionaux pour freiner des quatre fers tant ils craignent que l’Etat ne profite de la célébration pour les réunifier." (...) "La question est pourtant loin d’être taboue puisqu’elle est régulièrement discutée dans les débats publics avec le président du département où les sénateurs du Nouveau Centre. Il y a même des projets de référendum dans l’air pour 2011 tandis que les élus de Rouen et de Caen affûtent déjà leurs arguments pour que leur ville soit capitale. Le souvenir du traité de Saint-Clair-sur-Epte promet d’être animé".

Le débat est aujourd'hui relancé par le gouvernement avec le président de la Basse-Normandie, Laurent Beauvais, très en pointe sur le sujet et depuis longtemps. Car ce n'est pas nouveau, et l'affaire n'est pas simple

Mais bon, avant de parler de déchirements, (re)parlons de ce qui pourrait nous rassembler en mettant en lumière ces hommes et ces femmes plus ou moins célèbres qui ont fait, et parfois même au péril de leur vie, l'histoire de la Normandie, et ils ne sont pas tous Normands... 

LE FILM
Grave 5, Row 21, Plot A - Omaha Beach, Normandy

To Elisabeth A. Richardson - "when the world is free"

Parmi les 9387 croix du cimetière américain surplombant la plage d'Omaha Beach, celle - Plot A, Rang 21, Tombe 5 - d'Elisabeth Richardson, volontaire de la Croix Rouge, morte à 27 ans pour l'idée qu'elle se faisait de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité  peut--être après avoir écouté son Président, Franklin Delano Roosevelt.

Captation et réalisation : Jean-Christophe Buchot
Journaliste JRI, wedocumentariste
If you have any questions or comments feel free to send me an email, I'm always up for new projects and can be reached at :
contact@lespectateur.fr

REMERCIEMENTS
Photos d'archives : US national archives Normandy American Cemetery and Memorial
Citations sonores : Discours en français de F.D. Roosevelt (1942) ; "Saving Private Ryan" de S. Spielberg (1998) ; G. Miller, "The White Cliffs of Dover"(1941): "There'll be bluebirds over / The white cliffs of Dover / Tomorrow, just you wait and see / There'll be love and laughter / And peace ever after /Tomorrow, when the world is free."

Le commentaire du réalisateur...

L'idée m'est venue en (re)visitant le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, dans le Calvados. J'ai vu le portrait d'Elisabeth Richardson dans le musée, je l'ai pris en photo. J'ai aussitôt voulu en savoir plus sur elle, rendre hommage à cette Américaine morte en Normandie pour notre liberté.

Il y a 70 ans, le Débarquement a placé la Normandie au centre de l'Histoire du monde. C'est la base même de mon approche journalistique : mettre en regard le local et l'international, notamment par le biais d'un portrait d'une seule personne, plus ou moins anonyme.

Seules quatre femmes sont enterrées parmi les 9000 tombes alignées, dont trois cents sont anonymes. La sépulture d'Elisabeth Richardon est située plot A, rangée 21, tombe 5. Les tombes sont rangées sans autre logique que celle du hasard.

Dans la première partie du film, je souhaitais rappeler la bataille de Normandie, en filmant la plage aujourd'hui. Je voulais seulement évoquer à l'aide de la bande son et du montage le souvenir du Débarquement : une certaine fébrilité, la présence de la peur, de la mort. J'y ai intégré la présence féminine d'Elizabeth de façon "subliminale", pour amener la suite.

Dans la deuxième partie, le message de Roosevelt rappelle les raisons historiques de la présence en Normandie de tous ces soldats américains et de cette femme volontaire de la Croix-Rouge. Je voulais suggérer combien la décision du Président américain avait engagé ses citoyens ; il suffit pour cela de voir ces milliers de croix alignées. Je cherche toujours à éviter la voix off que je trouve souvent inadaptée, je préfère trouver des citations sonores signifiantes ; la difficulté a été de trouver un message en français, de façon à ne pas avoir à mettre de sous-titre perturbant la réception.

Dans la troisième partie, on découvre enfin le visage entier de cette jeune femme qui aurait pu rester en Amérique et couler des jours heureux en écoutant Glenn Miller. Je voulais montrer simplement que toutes ces tombes symbolisaient des vies brisées, et notamment celle de cette femme qui avait un nom, une histoire, un visage.

La principale difficulté, à la fois technique et esthétique, est venue du montage alternant photo et vidéo : comment équilibrer les informations pour permettre au spectateur de comprendre sans être trop didactique, créer de l'émotion sans tomber dans le pathos, trouver le bon ordre et le bon équilibre, évoquer la diversité tout en ciblant sur une seule personne, ni trop tôt ni trop lourdement... j'ai beaucoup sollicité mes proches pour ces questions !

L'excellent logiciel After Effects m'a beaucoup aidé pour travailler le rendu de l'image : créer un effet "vintage" sans excès, la faire tressauter dans le passage sur le Débarquement...

Ce film, comme l'ensemble de mes reportages, est une invitation à ce que le spectateur devienne actif et cherche à en savoir plus par le biais des liens hypertextes (dans les notes qui accompagnent mes vidéos), en l'occurrence ici sur Elisabeth Riardson, sur Omaha Beach, le Débarquement, l'Histoire de la Normandie, la Deuxième Guerre mondiale, etc. Je conçois mes vidéos comme faisant partie d'un webreportage qui ne s'arrête pas à 5 mn de film, comme des fenêtres ouvertes sur le world wilde web.

Jean-Christophe Buchot

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Le Spectateur


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